Manifestation contre la conscription à Québec

, par Bilan du Siècle - Université de Sherbrooke

Un témoin des événements, Rosaire Dion, raconte : « J’habitais dans le quartier Saint-Roch. J’ai eu connaissance de l’émeute de Québec. Cela avait commencé le Jeudi saint au soir. Des « spotters » (chercheurs de fuyards) cherchaient partout les gars qui se cachaient pour ne pas aller à la guerre. Ils en ont arrêté un qui avait son certificat d’exemption. C’est « ça » qui a tout déclenché. La foule a voulu le libérer. On s’est rendu devant le poste de police. Ils l’ont lâché. Pendant trois ou quatre jours, des groupes se promenaient et cherchaient à attraper des « spotters » pour les battre. La police a eu peur. Ils ont fait venir l’armée. Le dimanche, on a appris qu’une « gang » de soldats anglais de Toronto venait d’arriver à la gare du Palais. Eux, ils ne nous aimaient pas. Je ne sais pas au juste comment « ça » a commencé, mais les soldats ont tiré sur le monde et il y a eu quatre morts. Une affaire « de même », on n’oublie jamais ça. » Un autre témoin des événements, Frank Scott, décrit la scène de la façon suivante : « Les émeutiers avaient éteint les réverbères ; toute la basse-ville était enfouie dans la brume et les ténèbres cette nuit-là. Soudain, nous avons entendu le feu de plusieurs mitrailleuses. Le bruit était assourdissant et donnait l’impression qu’un massacre se déroulait en bas de la falaise. » Le 4 avril, un arrêté ministériel proclame la Loi martiale à Québec. Les libertés civiles seront suspendues. Cette action des miltaires causera un profond ressentiment dans la population.Un témoin des événements, Rosaire Dion, raconte : « J’habitais dans le quartier Saint-Roch. J’ai eu connaissance de l’émeute de Québec. Cela avait commencé le Jeudi saint au soir. Des « spotters » (chercheurs de fuyards) cherchaient partout les gars qui se cachaient pour ne pas aller à la guerre. Ils en ont arrêté un qui avait son certificat d’exemption. C’est « ça » qui a tout déclenché. La foule a voulu le libérer. On s’est rendu devant le poste de police. Ils l’ont lâché. Pendant trois ou quatre jours, des groupes se promenaient et cherchaient à attraper des « spotters » pour les battre. La police a eu peur. Ils ont fait venir l’armée. Le dimanche, on a appris qu’une « gang » de soldats anglais de Toronto venait d’arriver à la gare du Palais. Eux, ils ne nous aimaient pas. Je ne sais pas au juste comment « ça » a commencé, mais les soldats ont tiré sur le monde et il y a eu quatre morts. Une affaire « de même », on n’oublie jamais ça. » Un autre témoin des événements, Frank Scott, décrit la scène de la façon suivante : « Les émeutiers avaient éteint les réverbères ; toute la basse-ville était enfouie dans la brume et les ténèbres cette nuit-là. Soudain, nous avons entendu le feu de plusieurs mitrailleuses. Le bruit était assourdissant et donnait l’impression qu’un massacre se déroulait en bas de la falaise. » Le 4 avril, un arrêté ministériel proclame la Loi martiale à Québec. Les libertés civiles seront suspendues. Cette action des miltaires causera un profond ressentiment dans la population. Source : Le Devoir, 2 avril 1918, p.1.

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