Notre-Dame de Québec, mère des paroisses en Amérique du Nord au 28 décembre 20...

, par 2e bataillon du régiment de la Sarre

Notre-Dame de Québec, mère des paroisses en Amérique du Nord

au 28 décembre 2014, la paroisse Notre-Dame de Québec célébrera ses 350 ans. Découvrez un grand pan de notre histoire et de notre patrimoine.

Jean-Michel Genois Gagnon
Le Soleil


(Québec) Telle que nous la connaissons et la voyons aujourd'hui, la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec est l'image presque conforme de l'église qui a été détruite par le feu en 1922. Afin de mieux comprendre l'histoire de celle qui est la mère de toutes les paroisses en Amérique du Nord, voici les grandes lignes de son évolution.

Alors que Québec est conquise par les frères Kirke au nom de l'Angleterre en 1629, Samuel de Champlain, forcé de retourner en France, fait le voeu de bâtir une église si les Français parvenaient à récupérer le territoire perdu.

En 1633, à la suite d'un traité de paix signé quelques années auparavant entre la France et l'Angleterre, celui qu'on surnomme « le père de la Nouvelle-France » accomplit sa promesse et entame la construction de Notre-Dame-de-la-Recouvrance, une chapelle en bois qui a été réduite en cendres le 15 juin 1640.

Le site de la basilique-cathédrale Notre-Dame, dans le Vieux-Québec, est le même, à quelques pas de celui de la première chapelle. « C'est le terrain le plus ancien dans le pays, où il y a toujours eu une construction paroissiale », relate Mgr Denis Bélanger, curé de l'église Notre-Dame de Québec et président du Comité-conseil des Fêtes du 350e. « C'est l'endroit où Champlain fut enterré », tombeau qui n'a toujours pas été découvert.

La population grandit et le besoin d'un édifice pour les accueillir aux offices se fait sentir. En 1647, soit sept ans plus tard, un nouveau chantier s'amorce sous la direction des Jésuites. Notre-Dame-de-la-Paix de Québec a été la première église construite en pierres en Amérique du Nord. Cette dernière, que Mgr Bélanger illustre comme une « petite église de campagne », ne comptait qu'un seul étage. En 1650, alors que les constructions sont inachevées, le père Poncet y célébre déjà la messe.

Église paroissiale

Devenue église paroissiale de Québec en 1664, sous le vocable de Notre-Dame-de-l'Immaculée-Conception, elle est choisie comme cathédrale lorsque Mgr François de Laval devient le premier évêque du diocèse de Québec, en 1674. Aussitôt, le prélat entreprend des démarches en vue de reconstruire son église pour qu'elle soit digne de sa nouvelle fonction épiscopale. À cet effet, l'intendant Jean Talon, constatant que les fonds étaient insuffisants pour compléter les rénovations, écrit à la cour de France : « L'église paroissiale de Québec est menacée de ruine, faute de couverture, ce qui fait que mon dit Sieur Évêque demande cent milliers d'ardoises et deux cents milliers de clous pour faire couvrir ladite église, faute de quoi les murailles ne pourront pas résister parce que la couverture n'est pas de planches, qui ne rejettent que la grosse pluie en n'empêchant que les murailles n'en soient minées. »

Il obtient 4000 livres du roi Louis XIV en 1683 et retient les services de l'architecte Claude Baillif pour redorer l'établissement religieux. Faute de moyens, l'évêque est cependant forcé de se contenter d'une église beaucoup plus modeste. Il réduit l'ampleur de la façade projetée et construit seulement qu'une des deux tours du plan initial.

« L'église voit alors son premier clocher, qui est toujours le même aujourd'hui », soutient Mgr Bélanger, ancien professeur au Collège François-de-Laval (anciennement Petit Séminaire de Québec). L'intérieur se résume à un plancher de bois avec des murs nus, crépis et blanchis à la chaux. Seul un dais peint recouvre les gradins de l'autel. La construction « incomplète » se termine en 1697.

Ayant toujours comme projet de créer une architecture digne d'une cathédrale, l'intendant Hocquart de la Nouvelle-France ordonne, en 1742, une inspection de l'église de Québec, et conclut que des réparations sont nécessaires. En 1743, on entreprend la réfection de l'édifice, d'après des plans de Gaspard Chaussegros de Léry, ingénieur-chef du roi. On veut offrir à la cathédrale un décor plus riche, mais « pour une deuxième fois, l'argent manque », souligne Mgr Bélanger. Lors des travaux, le choeur est allongé, les murs de la nef sont percés pour donner accès à de nouveaux bas-côtés et à une nouvelle façade, érigée à l'avant de celle réalisée par le premier architecte. Les murs de la nef sont surélevés pour permettre l'installation d'une rangée de fenêtres hautes.

Il y avait deux plans - l'un plus coûteux que l'autre - et c'est le plus simple qui est réalisé, dans l'espoir que l'autre verrait le jour éventuellement. En 1748, Chaussegros de Léry écrit : « Elle [la basilique-cathédrale] est faite comme sont celles de France, avec nef, bas-côtés et tribunes. »

« C'était l'église à l'époque du plus grand diocèse du monde », rappelle avec le sourire Mgr Bélanger.

Bombardement anglais

Meurtrie par les boulets anglais dans la nuit du 23 juillet 1759, la cathédrale de Québec est complètement anéantie. Seuls les murs de pierres restent debout. « Ils [les Britanniques] se sont installés à Lévis. Ils sont arrivés avec 250 navires de guerre, 9000 soldats et 16 000 marins. C'était près du tiers de la flotte britannique », raconte Mgr Denis Bélanger. Forcés de se trouver une nouvelle église, ils transfèrent la paroisse chez les Ursulines jusqu'en 1764.

Au lendemain de la Conquête, le problème relatif à la reconstruction est d'ordre politique. Il faut avant tout asseoir à nouveau l'autorité de l'évêque dans un régime politique protestant avant de pouvoir rétablir la cathédrale. Le gouvernement britannique reconnaît alors Mgr Jean-Olivier Briand, nouvel évêque en poste, comme chef de l'Église catholique et accepte la reconstruction de Notre-Dame. En 1766, un premier projet est approuvé. Il consiste en un lieu saint plus petit que celui érigé par Chaussegros de Léry.

Finalement, après quelques discussions, on décide de revenir au plan initial de 1743, et de reconstruire la cathédrale à l'image de celle qu'on connaissait ; seul le clocher change. Sous la supervision de Jean Baillairgé, les constructions s'étalent de 1766 à 1771. « C'était le seul diocèse catholique toléré dans tout l'Empire britannique », soutient Mgr Bélanger.

Au cours du siècle suivant, la cathédrale reçoit plusieurs modifications, dont deux plus importantes. D'abord en 1818, une nouvelle ornementation, qui vise à mettre l'édifice au goût du jour. Et en 1843, les marguilliers adoptent un des projets de reconstruction de Thomas Baillairgé (petit-fils de Jean), qui doit ajouter notamment à la façade un avant-corps et un clocher. La construction de la façade se termine en 1844. Pour le projet d'un deuxième clocher, « les ouvriers se sont rendu compte que les fondations ne supportaient pas le poids d'une nouvelle structure. Ils ont alors arrêté la construction », raconte Mgr Bélanger.

Le 22 décembre 1922, la basilique-cathédrale est à nouveau dévastée par les flammes. Dès lors, la question de reconstruire l'ancien édifice ou un nouveau se pose. On choisit finalement de reconstruire le lieu saint tel qu'il était, à quelques détails près. L'incendie a détruit de nombreuses oeuvres d'art qui ornaient l'église. Seuls demeurent quelques tableaux et fragments de sculpture. Parmi eux, nous retrouvons le Saint Jérôme, du peintre français David.

Terminés peu avant la crise des années 1930, les travaux rendent aux paroissiens leur église, et au diocèse, sa cathédrale. Le XXe siècle voit naître quelques autres chantiers, notamment en 1951, une crypte, qui réunit les tombeaux de tous les évêques de Québec et en 1993, la création de la chapelle funéraire (espace dans la cathédrale) de Mgr François de Laval.

En 1966, la basilique-cathédrale de Québec est classée monument historique.

*Sources : LUC NOPPEN. Notre-Dame de Québec, Édition du Pélican, 283 p.

Notre-Dame-des-Victoires

En 1680, des démarches furent entreprises pour établir à la basse ville, précisément sur la place Royale, une église associée à Notre-Dame de Québec. À la suite de la demande de Mgr François de Laval, évêque de Québec, on entreprend la construction de la chapelle. L'architecte Claude Baillif, qui avait rénové la cathédrale du Vieux-Québec en 1684, fut mandaté en décembre 1687 pour ériger un édifice religieux dans un quartier qui gagnait en popularité. En 1688, l'édifice, situé à l'endroit où s'élevait l'Abitation de Samuel de Champlain qui servit plus tard de magasin du Roy, ouvrit ses portes. Durant l'été 1759, Notre-Dame-des-Victoires est soumise aux bombardements de l'armée anglaise et en ressort grandement abîmée. Sa reconstruction s'échelonnera de 1762 à 1766. En 1929, l'église obtient la désignation de monument historique. Aujourd'hui, 325 ans plus tard, elle veille toujours fièrement sur la place Royale.

Deux anniversaires en un

En plus de célébrer les 350 ans de Notre-Dame de Québec, les communautés religieuses des Augustines et des Ursulines célèbrent le 375e anniversaire de leur arrivée en Nouvelle-France en 2014. Les Augustines ont d'abord été appelées par les Jésuites, qui s'étaient aperçus d'un manque de soins pour les autochtones. C'est sous la protection de la duchesse D'aiguillon que Marie Guenet, Anne Le Cointre et Marie Forestier ont entamé le voyage. Du côté des Ursulines, la fondatrice laïque Madame de la Peltrie accompagnait Marie de l'Incarnation, Cécile de Sainte-Croix et Marie de Saint-Joseph. Le départ a été fixé au 4 mai 1639. La traversée historique a pris fin le 1er août 1639 alors que les six religieuses ont posé les pieds à Québec. Leur mission respective de soigner les malades et d'éduquer les jeunes filles a débuté la semaine suivante. Les Augustines se sont installées à la mission de Sillery, et ce n'est que cinq ans plus tard qu'elles ont fait le saut dans le Vieux-Québec. D'abord installées dans la basse ville, les Ursulines se sont établies au site actuel, rue Donnacona, en 1642. Elles ont laissé sur leur passage l'hôpital L'Hôtel-Dieu de Québec et le couvent des Ursulines, mais, aussi, un message de don de soi inconditionnel. Marie-Pier Cayer

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