Ouverture de la campagne électorale provinciale

, par Bilan du Siècle - Université de Sherbrooke

En déclenchant des élections aussi rapidement, le premier ministre Parent ne laisse aux Conservateurs que 13 jours pour choisir et présenter 64 nouveaux candidats (sur 74 comtés). Ce court laps de temps ne permet pas à ceux-ci de tenir les conventions nécessaires, de désigner les candidats, de rédiger, d’imprimer et de distribuer la littérature électorale. Les journaux conservateurs du Québec, et d’autres tels que « Le Nationaliste », protesteront. La réélection des chefs conservateurs, Edmund James Flynn et Louis-Philippe Pelletier, étant compromise, ces derniers décident de s’abstenir plutôt que de livrer une lutte qu’ils jugent inégale. Flynn le confirme par un manifeste publié dans les journaux de la province le 6 novembre. Il dénonce le fait que le gouvernement supprime tout débat possible et qu’il falsifie ainsi le verdict populaire. Ce manifeste amène une réplique de Parent qui justifie son initiative en évoquant l’agitation menée par ses adversaires durant la dernière année. Parent parle aussi de son désir de soumettre la nouvelle loi sur la colonisation au peuple. Ces explications en satisfont quelques-uns, mais des mécontents subsistent, même parmi les Libéraux. Le premier ministre Wilfird Laurier est un de ceux-là. Son insatisfaction s’explique en partie par le fait qu’il n’a pas été consulté préalablement par Parent.En déclenchant des élections aussi rapidement, le premier ministre Parent ne laisse aux Conservateurs que 13 jours pour choisir et présenter 64 nouveaux candidats (sur 74 comtés). Ce court laps de temps ne permet pas à ceux-ci de tenir les conventions nécessaires, de désigner les candidats, de rédiger, d’imprimer et de distribuer la littérature électorale. Les journaux conservateurs du Québec, et d’autres tels que « Le Nationaliste », protesteront. La réélection des chefs conservateurs, Edmund James Flynn et Louis-Philippe Pelletier, étant compromise, ces derniers décident de s’abstenir plutôt que de livrer une lutte qu’ils jugent inégale. Flynn le confirme par un manifeste publié dans les journaux de la province le 6 novembre. Il dénonce le fait que le gouvernement supprime tout débat possible et qu’il falsifie ainsi le verdict populaire. Ce manifeste amène une réplique de Parent qui justifie son initiative en évoquant l’agitation menée par ses adversaires durant la dernière année. Parent parle aussi de son désir de soumettre la nouvelle loi sur la colonisation au peuple. Ces explications en satisfont quelques-uns, mais des mécontents subsistent, même parmi les Libéraux. Le premier ministre Wilfird Laurier est un de ceux-là. Son insatisfaction s’explique en partie par le fait qu’il n’a pas été consulté préalablement par Parent. Source : La Presse, 7 novembre 1904, p.10. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, Histoire du Québec contemporain : de la Confédération à la crise, 1867-1929, Montréal, Boréal Express, 1979, p.574-579.

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