Passage controversé de Sarah Bernhardt au Québec

, par Bilan du Siècle - Université de Sherbrooke

Dans un article paru dans « L’Événement » de Québec, le 28 novembre 1905, la veille de la première de Bernhardt à l’Auditorium, l’archevêque de Montréal, Mgr Paul Bruchési
, prononce un discours qui rappelle le devoir de tout bon chrétien : « ...Nous supplions donc nos pieuses familles, si attachées encore au devoir et à la vertu, d’être sur leurs gardes, de s’abstenir de ce qu’elles sauront être pour elles une occasion de faute, et de préférer à tout l’honneur de leur foyer et le salut de l’âme de leurs enfants. » Lors de ses deux soirées de spectacle, Sarah Bernhardt interprète « La dame aux camélias », « Angelo, tyran de Padou » et « Adrienne Lecouvreur », dont elle remanie le texte en profanant l’Église, ce qui provoque la colère des autorités cléricales. En apprenant que de nombreux citoyens avaient assisté à la représentation malgré les mises en garde effectuées quelque temps auparavant, Mgr Bruchési s’adresse aux paroissiens en leur exprimant sa déception et son incompréhension. « Malheureusement, un grand nombre d’autres n’ont tenu aucun compte de notre parole et sont allés entendre des drames dans lesquels l’Église est insultée et la morale chrétienne foulée aux pieds...Ah ! Comme il y a des esprits peu logiques et comme les convictions religieuses sont peu profondes dans certaines âmes ! » La représentation du 5 décembre est la plus mouvementée, avec la présence d’un groupe de manifestants, partisans d’Henri Bourassa
, qui veulent protester au nom du respect de la doctrine catholique. Bousculades, injures et projections d’objets en direction des acteurs viennent mettre un terme à la tournée de Bernardt. Informés de l’incident, les journaux des États-Unis, du Canada anglais et de l’Europe s’étonnent et se scandalisent d’un tel accueil pour une artiste de renommée internationale. Le premier ministre canadien, Wilfrid Laurier
, de même qu’Henri Bourassa
, sentiront le besoin de s’excuser publiquement pour la démonstration d’hostilité de leurs compatriotes. À la suite de ce passage controversé, un comité de censure sera formé pour vérifier la teneur des pièces jouées à l’Auditorium, le plus grand théâtre de la ville de Québec.Dans un article paru dans « L’Événement » de Québec, le 28 novembre 1905, la veille de la première de Bernhardt à l’Auditorium, l’archevêque de Montréal, Mgr Paul Bruchési
, prononce un discours qui rappelle le devoir de tout bon chrétien : « ...Nous supplions donc nos pieuses familles, si attachées encore au devoir et à la vertu, d’être sur leurs gardes, de s’abstenir de ce qu’elles sauront être pour elles une occasion de faute, et de préférer à tout l’honneur de leur foyer et le salut de l’âme de leurs enfants. » Lors de ses deux soirées de spectacle, Sarah Bernhardt interprète « La dame aux camélias », « Angelo, tyran de Padou » et « Adrienne Lecouvreur », dont elle remanie le texte en profanant l’Église, ce qui provoque la colère des autorités cléricales. En apprenant que de nombreux citoyens avaient assisté à la représentation malgré les mises en garde effectuées quelque temps auparavant, Mgr Bruchési s’adresse aux paroissiens en leur exprimant sa déception et son incompréhension. « Malheureusement, un grand nombre d’autres n’ont tenu aucun compte de notre parole et sont allés entendre des drames dans lesquels l’Église est insultée et la morale chrétienne foulée aux pieds...Ah ! Comme il y a des esprits peu logiques et comme les convictions religieuses sont peu profondes dans certaines âmes ! » La représentation du 5 décembre est la plus mouvementée, avec la présence d’un groupe de manifestants, partisans d’Henri Bourassa
, qui veulent protester au nom du respect de la doctrine catholique. Bousculades, injures et projections d’objets en direction des acteurs viennent mettre un terme à la tournée de Bernardt. Informés de l’incident, les journaux des États-Unis, du Canada anglais et de l’Europe s’étonnent et se scandalisent d’un tel accueil pour une artiste de renommée internationale. Le premier ministre canadien, Wilfrid Laurier
, de même qu’Henri Bourassa
, sentiront le besoin de s’excuser publiquement pour la démonstration d’hostilité de leurs compatriotes. À la suite de ce passage controversé, un comité de censure sera formé pour vérifier la teneur des pièces jouées à l’Auditorium, le plus grand théâtre de la ville de Québec. Source : La Presse, 4 décembre 1905, p.1, 6 décembre 1905, p.1. Christian Beaucage, Le Théâtre à Québec au début du XXème siècle, Québec, Nuit Blanche, 1996, p.88-91.

Voir en ligne : http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/p...