Paul Provencher : ingénieur forestier, explorateur, auteur et photographe

, par Instantanés

 

Le développement de l’industrie forestière au début du 20e siècle entraîne la découverte de nouveaux territoires et l’exploitation de leurs ressources. La Côte-Nord, immense étendue de pays qui s’étend de Tadoussac sur la rivière Saguenay à Blanc-Sablon près de Terre-Neuve, se révèle prometteuse pour cette industrie qui cherche à s’y implanter. Ce territoire de chasse et de pêche occupé par les Innus (Montagnais-Naskapis) et depuis longtemps isolé connaît, vers 1930, une croissance économique rapide.

 

 

Monsieur Paul Provencher, Bagotville, 1951. BAnQ Québec (E6,S7,SS1,P85390). Photographe : Ernest Noreau.

Monsieur Paul Provencher, Bagotville, 1951. BAnQ Québec (E6,S7,SS1,P85390). Photographe : Ernest Noreau.

 

 

En 1929, Paul Provencher entreprend sa carrière d’ingénieur forestier pour la compagnie de papier Quebec North Shore.

 

 

Usines de la Quebec North Shore Paper, Baie-Comeau, 1950. BAnQ Québec (E6,S7,SS1,P78100). Photographe : Paul Carpentier.

 

 

La série photographique E6,S9 témoigne de son parcours entre 1937 et 1963. Pendant cette période, Paul Provencher explore et inventorie la forêt boréale sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, de la Côte-Nord au Labrador. Il rencontre et accompagne les Innus le long des rivières Manicouagan et Toulnustouc et il visite les communautés de Betsiamites (Pessamit), Sept-Îles, Moisie (Uashat Mak Mani-Utenam), La Romaine (Unamen Shipi) et Fort Mackenzie (Kawawachikamach, Matimekosh). Ses photographies sont les témoins vivants d’un monde amérindien qui demeure encore méconnu du grand public. À cette époque, on considère cet homme comme une figure importante dans la découverte de cette contrée immense. Grâce à la grande aventure de l’exploitation industrielle des ressources naturelles de la Côte-Nord, Provencher favorise la reconnaissance de pratiques ancestrales amérindiennes et se fait le témoin d’une culture en voie d’assimilation.

 

Dans les années 1930, une partie de la population de la Côte-Nord n’a guère de contacts avec le reste du monde. C’est donc un milieu préservé que Paul Provencher apprend à connaître. Son cheminement prend alors une perspective ethnographique très significative. En prévision de ses séjours en forêt, il fait la rencontre de chasseurs nomades amérindiens : Joe « Uapistan » Savard et « Ti-Basse » St-Onge sont ses premiers guides.

 

 

De gauche à droite : Jos. Savard, Montagnais, Paul Provencher et Tibasse St-Onge, 1937. BAnQ Québec (E6,S9,P101A). Photographe : Paul Provencher.

 

 

À leur école, Paul Provencher apprend tout ce qu’il y a à connaître sur la vie en forêt : faire un feu, construire un abri, identifier et utiliser toutes les ressources du milieu, et ce, toujours selon des techniques ancestrales testées et éprouvées depuis des siècles. Au contact de ces communautés innues, il apprend à vivre au rythme de la nature.

 

Entre 1936 et 1940, Provencher filme en 16 mm couleur les faits et gestes de ces Amérindiens. Le cinéaste Jean-Claude Labrecque va également consacrer deux films à l’œuvre ethnographique de Provencher en 1979, sous les titres « Le dernier coureur des bois » (P151, S77, DFC88-251) et « Les Montagnais » (P151, S77, DFC88-250). Vous pouvez visionner ces films à BAnQ Québec.

 

Enfin, voici une sélection des quelques 476 photographies prises par Paul Provencher. Elles sont toutes numérisées et disponibles dans Pistard.

 

 

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Catherine Lavoie, technicienne en documentation – BAnQ Québec

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