Petit cheval de fer

, par Instantanés

L’année 2015 marque le 350e anniversaire de l’arrivée des chevaux en Nouvelle-France. Sur ordre du Roi Louis XIV, deux étalons et douze juments arrivent pour subvenir aux besoins des nobles établis de façon permanente dans la colonie française. Nous sommes en 1665.

Les premiers chevaux sont d’abord attribués à des communautés religieuses et aux seigneurs. Par la suite, certains chevaux seront remis aux censitaires subordonnés au régime seigneurial. Les chevaux demeurent toutefois la propriété du roi de France pendant trois ans. Peu à peu, la race se développe en circuit fermé, sans l’apport de sang extérieur, au moins jusqu’à la Conquête de 1760. En 1763, au moment du traité de Paris, on dénombre 14 000 chevaux canadiens en Nouvelle-France. Ils étaient plus de 24 000, en 1784. Au cours de son développement, la race perdra en taille, mais conservera toutefois ses principales caractéristiques.

C’est un cheval polyvalent bien adapté au pays. Sa silhouette impose rigueur, sa crinière abonde en crins longs et ondulés et sa queue est longue et plutôt fournie. Au début du XIXe siècle, il est considéré comme le meilleur cheval en Nouvelle-France. Sa vigueur, son endurance, son adresse et son courage sont à l’origine du surnom petit cheval de fer.

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Cheval canadien « Bijou de Saint-Charles », trois ans, Montmagny, 1941. BAnQ Québec, Fonds ministère de la Culture et des Communications (E6,S7,SS1,P00397). Photographe : François Fleury


Au milieu du XIXe siècle, la race commence à décroître en raison de son exportation massive, de l’importation de chevaux étrangers et de la mécanisation des transports.

Dans le but de combattre ce déclin, le gouvernement du Québec crée une commission en 1885 pour examiner les chevaux encore existants et les enregistrer au livre généalogique consacré à la race équine. À son tour, en 1907, le ministère fédéral de l’Agriculture ouvre son programme de conservation pour perpétuer la race et instaurer l’élevage des chevaux canadiens. Le gouvernement du Québec poursuit l’élevage plusieurs années puis vend tous ces chevaux à des éleveurs membres de la Société des éleveurs de chevaux canadiens, en novembre 1981. À ce moment-là, moins de 400 chevaux canadiens sont encore vivants.

En 1999, une loi canadienne est votée pour élever la race chevaline au rang de Patrimoine agricole du Québec. Par la suite, la race est déclarée nationale par le Parlement du Canada, le 8 novembre 2001. On compte alors 7 000 sujets d’élevage.

Ce petit cheval de fer est devenu le compagnon quotidien de nos ancêtres d’autrefois. Il a transporté, défriché, labouré, tiré, contribuant ainsi à façonner le Québec d’aujourd’hui. Le cheval canadien est la seule race équine canadienne-française déclarée patrimoniale et la plus ancienne race en Amérique du Nord.

 

Lynda Corcoran, archiviste – BAnQ Québec

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