Portrait de groupe des « jeunes gens » en lecteurs, en écrivains et en professeurs (1830-1850)

Micheline Cambron
Les années 1840 ne sont pas seulement celles qui suivent les rébellions, elles sont marquées par de nombreuses initiatives liées à la formation de la jeunesse. Les journaux à bas prix de François-Xavier Garneau (L’Abeille canadienne, L’Institut), ceux de James Huston (L’Artisan), de Napoléon Aubin (Le Castor) et de Louis-Octave LeTourneux (La Revue canadienne) accompagnent la mise en place d’associations qui font de l’éducation, du perfectionnement des jeunes gens leur objectif cardinal. Ces jeunes gens sont ceux qui ont, dès les années 1820 et surtout 1830, profité de la mise en oeuvre d’une stratégie de scolarisation pour tous dans le Bas-Canada, laquelle se déploie dans les écoles d’enseignement mutuel et dans les écoles de syndics. Parallèlement naissent les premiers gestes médiatiques appelant la création d’une littérature canadienne et les premières oeuvres qui explicitement s’en réclament. Dans ce mouvement général, les jeunes gens se font tour à tour, et les uns pour les autres, lecteurs, écrivains et professeurs. Durant près de deux décennies, une vision mutualiste de l’éducation traverse le discours culturel, invite à la construction d’un espace public dynamique et soutient, grâce à des figures et à des oeuvres phares, le désir de créer une culture nationale.

Voir en ligne : http://www.erudit.org/fr/revues/men...