Prévisions météo dans les tranchées : ensoleillé, avec probabilités d’averses d’obus et de shrapnels d’avions.

, par Instantanés

Olivar Asselin, officier volontaire et créateur du 163e régiment, est envoyé sur le front avec le 22e bataillon pour fins d’instruction. Il est affecté aux tranchées du front français. Le 11 mars 1917, il raconte à son épouse Alice ses premiers jours dans les tranchées. Certains passages de la lettre ont été découpés et supprimés, victime de la censure militaire de l’époque.

 

Lettre d’Olivar Asselin à son épouse Alice. 11 mars 1917. BAnQ Vieux-Montréal (CLG72).

 

« Je passe aujourd’hui mon premier dimanche dans les tranchées. […] J’ai fait mes après-midis avec le commandant le tour des tranchées. À deux ou trois reprises nous avons été éclaboussés par des explosions de bombes ou d’obus. Malgré un temps maussade, les hommes étaient propres, tous de bonne humeur. L’excellence de plus en plus grande de l’artillerie anglaise leur a donné une confiance merveilleuse ; ils sont sûrs d’enfoncer la ligne ennemie à la première grande offensive. Quant à moi, ce que je vois autour de moi semble dépasser tout ce qu’on m’avait dit des progrès réalisés par l’armée anglaise dans tous les sens. Le spectacle, en attendant qu’il devienne plus dangereux, m’amuse. À deux reprises, nous avons eu des combats d’avion. Ce matin même une vingtaine de nos machines évoluaient au-dessus du champ de bataille, parmi les shrapnels allemands : il y en a eu trois d’abattus, mais grâce à la tranquille [sic] bravoure des autres la grosse artillerie anglaise a pu établir sur des positions sans doute importantes un tir implacable, qui a duré toute la journée. Il y aura certainement d’ici à trois semaines des événements qui comptent dans l’histoire de l’armée expéditionnaire canadienne. […] Dès maintenant, cependant, j’entends siffler une balle sans frémir, et je peux observer en moi (?) les shrapnels qui éclatent au-dessus de nos têtes à des milliers de mètres d’altitude. Un de ces soirs, j’irai avec les éclaireurs reconnaître le terrain de nuit. Je ne veux pas faire de noyade, ni risquer ma vie inutilement ; mais je veux voir tout de suite jusqu’à quel point je puis dompter mes nerfs. Je porte dans un gousset une médaille de Jeanne d’Arc, sur la poitrine votre portrait, toi et les enfants. Je pense souvent à vous. »

 

Vous souhaitez consulter cette lettre d’Olivar Asselin dans son intégralité ? Rendez-vous sur Wikisource ou, pour découvrir l’ensemble des lettres sélectionnées, rendez-vous sur la page du projet Première Guerre mondiale de BAnQ.

 

Pour en savoir plus sur Olivar Asselin et sur la diffusion de sa correspondance de guerre, consultez l’article phare du projet.

 


Florian Daveau, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Émilie Dufour-Lauzon, agente de bureau – BAnQ Vieux-Montréal

Elena Fracas, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Catherine Lamarche, stagiaire de l’Université de Montréal.

 

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