Qui êtes-vous ? Les archives judiciaires du district de Trois-Rivières dévoilent les circonstances tragiques entourant le décès des ancêtres Lynch de Guy A. Lepage

, par Instantanés

Qui êtes-vous ? Les archives judiciaires du district de Trois-Rivières dévoilent les circonstances tragiques entourant le décès des ancêtres Lynch de Guy A. Lepage

Les ancêtres irlandais de Guy A. Lepage, Peter Lynch et Bridget Currigan (Culligan, Cologan), ont tous deux connus une fin de vie singulière. Grâce aux archives judiciaires du district de Trois-Rivières, il a été possible d’en connaître davantage sur les circonstances de leurs décès.

Peter Lynch est inhumé à Champlain, petite localité située non loin de Trois-Rivières, en juin 1869. Pourtant, il habitait à Trois-Rivières depuis 1827. Pourquoi est-il enterré à Champlain ? La réponse se trouve dans le rapport du 11 juin 1869 du coroner Valère Guillet, qui déclare que le corps d’un homme que l’on présume être Peter Lynch a été retrouvé sur la rive à Champlain. Le rapport décrit les circonstances dans lesquelles le corps a été repêché et révèle que Peter Lynch, porté disparu depuis environ huit jours, serait décédé accidentellement par noyade dans le fleuve Saint-Laurent. De plus, le rapport décrit avec précision son habillement, sa taille, son âge et la couleur de ses cheveux.

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Extrait de l’enquête du coroner Valère Guillet concernant Peter Lynch, dossier no 24, 11 juin 1869. Centre d’archives de la Mauricie et du Centre-du-Québec (TP9,S3,SS26,SSS1)
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De son côté, Bridget Currigan, veuve de Peter Lynch, connaît aussi une fin tragique quelques années plus tard. Ces informations nous sont révélées dans un dossier judiciaire la concernant daté du 23 août 1876, alors qu’elle est âgée de plus de 80 ans. Le libellé du jugement se lit comme suit : « Entendu cette affaire, que la défenderesse donne sûreté par deux cautions, chacune en la somme de cinquante piastres, qu’elle gardera la Paix et sera de bonne conduite, et que faute par elle de donner la dite sûreté, elle soit emprisonnée dans la prison commune de ce district, pour et aussi longtemps qu’elle fera défaut de donner la dite sûreté : sur lequel défaut la dite défenderesse a été ce jour emprisonnée en conséquence. ». Ne pouvant payer les deux cautions, Bridget Currigan demeure emprisonnée à Trois-Rivières jusqu’au 22 février 1877. Ce séjour de six mois dans le confort sommaire de la prison a dû être particulièrement éprouvant pour une femme de cet âge. Finalement, elle meurt dans les jours qui suivent chez sa fille, Catherine Lynch, épouse de Pierre Laroche.

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Jugement, La Reine vs Bridget Currigan, dossier no 4226, 23 août 1877. Centre d’archives de la Mauricie et du Centre-du-Québec (TP9,S3,SS29,SSS1).
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Ces deux exemples démontrent comment les archives judiciaires sont une source importante d’information pour documenter la vie de nos ancêtres. Elles ont permis de révéler les circonstances entourant le décès de deux ancêtres de Guy A. Lepage.

 

 Sophie Morel – archiviste coordonnatrice, Centre d’archives de la Mauricie et du Centre-du-Québec

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Le saviez-vous ?

L’institution du coroner a été créée au Québec en 1763 par la Proclamation royale. À compter du XIXe siècle, le rôle du coroner consiste principalement à enquêter dans les cas de décès inhabituels.

Le Centre d’archives de la Mauricie et du Centre-du-Québec conserve 300 ans d’archives judiciaires du district de Trois-Rivières. Les plus anciennes remontent au XVIIe siècle. En plus, le centre d’archives met à la disposition du public les archives des districts judiciaires de Saint-Maurice, Arthabaska et Drummond. Ces documents sont des sources précieuses et souvent méconnues recelant des informations complémentaires aux renseignements habituellement disponibles dans les registres de l’état civil et dans les archives notariales.

 

Voir en ligne : http://blogues.banq.qc.ca/instantan...