Rameau

, par noreply@blogger.com (P.-F.-X.)

Rameau par Carmontelle, 1760.
Photo : Musée Condé.
Cette semaine, quand vous aurez un instant à vous, prenez-donc le temps d'écouter Les Sauvages de Jean-Philippe Rameau (1683-1764). C'est, cette année, le 250e anniversaire du décès du compositeur, dont l'œuvre marque l'apogée du classicisme français. Le Centre de musique baroque de Versailles coordonne cette année une programmation chargée en l'honneur de "l'année Rameau".
 
Si Rameau mérite de figurer dans les petits papiers de ce blogue, c'est en raison de ses Sauvages. Il compose un premier rondeau sous ce nom en 1725 afin d'accompagner une démonstration de danse exécutée par des diplomates autochtones venus de Haute-Louisiane à Paris. Rameau en reprend ensuite la partition dans un recueil de pièces pour clavecin en 1728, puis dans un Ballet réduit à quatre grands concerts en 1735. Il adapte enfin les Sauvages en l'intégrant l'année suivante aux Indes galantes, son plus célèbre opéra-ballet. 

Les Indes galantes relatent des aventures amoureuses dans plusieurs contrées exotiques : en Turquie, dans l'empire inca, en Perse et — dans le cas de la quatrième entrée, ou acte, qui correspond aux Sauvages — chez les autochtones de l'Amérique du Nord. L’intrigue ténue des Indes galantes sert surtout de prétexte pour présenter des danses, des costumes somptueux, des décors et des machineries inusitées. Entendons-nous qu'il s'agit de "bons sauvages" stéréotypés ayant fort peu de chose à voir avec les autochtones de l'époque. Chantent ainsi les deux protagonistes, Zima et Adario :
 
Forêts paisibles, forêts paisibles,
Jamais un vain désir ne trouble ici nos cœurs.
 
P.-F.-X.

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