Séquestration d’employés à l’usine Excelsior Mills

, par Bilan du Siècle - Université de Sherbrooke

Près de 4000 curieux s’entassent au coin des rues Papineau et Ontario pour assister à cet événement. Une employée « prisonnière » raconte les événements comme suit : « Samedi dernier, un agent passa par la manufacture et annonça aux tisserands qu’ils auraient à travailler trois soirées la semaine prochaine. Nous lui avions demandé si nous serions rémunéré pour notre travail supplémentaire, mais l’agent nous répondit vaguement qu’il en savait rien, que dans tous les cas, cela ne regardait pas les employés. Les propriétaires avaient signifié leur volonté et voilà tout. (Par après), nous tenions un conseil et il fut résolu à l’unanimité de ne pas travailler le soir, vu la chaleur écrasante de l’été, les salaires peu élévés et la manière dont les contremaîtres traitent leurs employés (...) Mais, il paraît, qu’un individu qui veut faire du zèle et qui est suprêmement détesté de tout le monde décida malgré tout de nous faire travailler contre notre volonté. Nous étions, pour la plupart, décidés à faire nos adieux au contremaître, mais il faut croire que ce dernier aime mieux notre présence que notre absence, car il résolut de nous enfermer, malgré nous, dans la manufacture. Voyant qu’on nous refusait la sortie de cette prison, nous étions résolus, hier soir, de braver notre géôlier. Nous avons enfoncé les fenêtres, des gens sont venus nous porter des échelles pour escalader les clôtures et nous aurions usé de tous les moyens à notre disposition pour recouvrir notre liberté. »Près de 4000 curieux s’entassent au coin des rues Papineau et Ontario pour assister à cet événement. Une employée « prisonnière » raconte les événements comme suit : « Samedi dernier, un agent passa par la manufacture et annonça aux tisserands qu’ils auraient à travailler trois soirées la semaine prochaine. Nous lui avions demandé si nous serions rémunéré pour notre travail supplémentaire, mais l’agent nous répondit vaguement qu’il en savait rien, que dans tous les cas, cela ne regardait pas les employés. Les propriétaires avaient signifié leur volonté et voilà tout. (Par après), nous tenions un conseil et il fut résolu à l’unanimité de ne pas travailler le soir, vu la chaleur écrasante de l’été, les salaires peu élévés et la manière dont les contremaîtres traitent leurs employés (...) Mais, il paraît, qu’un individu qui veut faire du zèle et qui est suprêmement détesté de tout le monde décida malgré tout de nous faire travailler contre notre volonté. Nous étions, pour la plupart, décidés à faire nos adieux au contremaître, mais il faut croire que ce dernier aime mieux notre présence que notre absence, car il résolut de nous enfermer, malgré nous, dans la manufacture. Voyant qu’on nous refusait la sortie de cette prison, nous étions résolus, hier soir, de braver notre géôlier. Nous avons enfoncé les fenêtres, des gens sont venus nous porter des échelles pour escalader les clôtures et nous aurions usé de tous les moyens à notre disposition pour recouvrir notre liberté. » Source : La Presse, 20 juillet 1903, p.12.

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