Six mois de détention et 39 coups de fouet pour avoir volé une paire de souliers !

, par Instantanés

Registre d’écrou 1838-1843 de la prison de Québec (BAnQ Québec, Fonds Ministère de la justice, 03Q_E17,S1,P3)

Registre d’écrou 1838-1843 de la prison de Québec. BAnQ Québec (E17,S1,P3)
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Est-ce que vous vous êtes déjà demandé si l’un de vos ancêtres avait été emprisonné ? Les registres d’écrou des prisons de Québec au XIXe siècle (E17,S1) ont été numérisés et sont maintenant disponibles dans la base de données Pistard du portail. Nom, âge, nationalité, date d’emprisonnement, nature de l’offense, sentence et description physique, sont les types de renseignements que vous pouvez retrouver au sujet de vos ancêtres. Ces registres permettent d’en connaître davantage sur ces hommes et femmes qui ont vécu dans les cachots des prisons de Québec, mais aussi sur l’histoire criminelle et sociale de cette époque.

L’histoire des prisons de Québec remonte au début de la colonie. Au XVIIe siècle, elles sont d’abord localisées dans le fort Saint-Louis et dans l’édifice occupé par la Sénéchaussée de Québec à la Haute-Ville. Vers 1690, la brasserie construite dans la Basse-Ville par l’intendant Talon héberge la résidence de l’intendant, le siège des tribunaux de Québec et les prisons. Incendiés en 1713, ces bâtiments sont reconstruits à partir de 1716 et comprennent alors les appartements et la cave du geôlier, un cabinet pour interroger les prisonniers, la prison civile et plusieurs cachots voûtés. Des vestiges de ces derniers se trouvent encore aujourd’hui en dessous de la maison Fraser située sur la rue Saint-Nicolas. À partir de 1745, la Redoute royale, récemment terminée, sert de prison militaire et accueille des prisonniers de guerre.

Le Morrin College vers 1902, édifice de la prison de Québec de 1814 à 1867. (BAnQ Québec, Fonds Fred C. Würtele, 03Q_P546,D3,P18)

Le Morrin College vers 1902, édifice de la prison de Québec de 1814 à 1867. BAnQ Québec (P546,D3,P18). Photographe : non identifié
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Durant le Régime anglais, différents bâtiments sont utilisés jusqu’à l’inauguration en 1814 de la prison située sur la rue Saint-Stanislas (Chaussée-des-Écossais). Pendant un demi-siècle, elle accueillera plusieurs dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants. Inaugurée en 1867, une nouvelle prison, située sur le site actuel des Plaines d’Abraham remplacera cet édifice qui deviendra par la suite le Morrin College et qui est aujourd’hui occupé par la Literary and Historical Society of Quebec. Désaffectée en 1970, la Prison des Plaines est remplacée par le Centre de détention de Québec à Orsainville. Par ailleurs, de 1932 à 1979, la maison Gomin sert de prison des femmes.

La mise en ligne des registres d’écrou du 19e siècle se situe dans la continuité des travaux commencés, il y a quelques années, concernant la description du contenu de ces documents dans une base de données. Cet instrument de recherche est disponible sur le portail dans l’onglet Archives sous la section Généalogie et histoire familiale.

 

Éric Turcotte et Rénald Lessard, archivistes – BAnQ Québec

Voir en ligne : http://blogues.banq.qc.ca/instantan...