Souvenirs de voyage en trois temps. Anne-Marie Palardy, un tour de France en automobile en 1909 (deuxième article d’une série de trois)

, par Instantanés

Les Archives nationales vous invitent à découvrir des journaux de voyage d’une autre époque. Vous suivrez Edmond Joly de Lotbinière aux quatre coins du globe, Anne-Marie Palardy dans un tour de France en automobile en 1909 et le jeune Jacques Parizeau en autostop vers la Gaspésie.

Tour de France en automobile
Le matin du 5 décembre 1909, Anne-Marie Palardy, épouse du riche industriel saguenéen Julien-Édouard-Alfred Dubuc, écrit à ses enfants depuis sa cabine somptueuse sur le RMS Empress of Britain, à son départ pour l’Europe. Son époux et elle se rendent en France afin d’en faire le tour en voiture, chose peu commune à l’époque, le tourisme automobile en étant à ses débuts. Ils partent de Paris dans une Renault de type taxi, avec un chauffeur, pour un trajet de 4600 kilomètres qui leur permettra de faire un pèlerinage à Lourdes et de visiter le sud de la France.

Julien-Édouard-Alfred Dubuc et un chauffeur dans une automobile, 1909-1910. Archives nationales à Saguenay, fonds Vincent Dubuc (P60, S1, D1, P78). Photographe non identifié.

Voyage de santé
Anne-Marie souffrant de divers maux, ce voyage de plus de deux mois a également pour but d’améliorer sa santé et de lui faire prendre du poids. Dans des lettres adressées à ses enfants, elle s’ouvre sur ses impressions de voyage et expose ses angoisses et ses pensées. Elle raconte également des anecdotes, comme le fait que le chauffeur engagé pour conduire leur voiture, ne connaissant pas leur nom, a demandé à l’hôtel à voir les Vanderbilt, une richissime famille américaine de l’époque !

Loin de la famille

Dans ses nombreuses recommandations à ses enfants, Anne-Marie leur rappelle souvent leur devoir religieux, son mari et elle étant des gens très pieux. À la lecture des lettres, on ressent toute la tendresse qu’elle éprouve pour ses enfants. Soulignons qu’elle a perdu plusieurs petits en bas âge.

Voyageurs modestes

Anne-Marie et son époux, malgré leur fortune, restent des gens simples. Ils apprécient davantage les petits hôtels en province que les plus chics, même s’ils séjournent parfois dans de tels endroits au cours de leur périple. Dans ces lieux fréquentés par la haute société, Anne-Marie ne se sent pas à l’aise de converser avec les membres de l’aristocratie. Cependant, une rencontre avec l’aviateur Louis Blériot, qui vient d’accomplir la première traversée de la Manche en avion, fera une grande impression sur elle et son mari.

Anne-Marie Palardy à Paris, 1909-1910. Archives nationales à Saguenay, fonds Vincent Dubuc (P60, S1, D1, P75). Photographe non identifié.

Les remarques d’Anne-Marie Palardy et les sentiments qu’elle partage avec ses enfants sur la France de la Belle Époque témoignent de façon très juste des années qui ont précédé la Première Guerre mondiale et montrent le quotidien de bourgeois canadiens-français en voyage.

Les écrits de voyage constituent une source de savoir unique et représentent une richesse à explorer dans les fonds d’archives de BAnQ. Découvrez également d’autres journaux de voyage : Edmond Joly de Lotbinière aux quatre coins du globe, paru récemment, et Jacques Parizeau, des scouts en route vers la Gaspésie, à venir bientôt.

Cet article est une version révisée d’un texte paru dans la revue À rayons ouverts, publiée par BAnQ (no 109, hiver 2022, p. 16-19) sous le titre Souvenirs de voyage en trois temps

Myriam Gilbert, archiviste-coordonnatrice, Archives nationales à Saguenay

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