Tenue d’une assemblée de l’Association catholique de la jeunesse canadienne au Monument National

, par Bilan du Siècle - Université de Sherbrooke

Le député de Montmagny réclame le français dans tous les services publics de la province de Québec. Cette demande reçoit l’appui de l’ACJC qui organise une assemblée au Monument National, à Montréal, le 8 mai 1908. Ce soir-là, la salle est tellement pleine que l’on refuse des gens. Beaucoup de jeunes sont sur place pour écouter Lavergne qui prend la parole en premier : « Nous ne demandons rien », dit-il, « qui ne soit parfaitement constitutionnel. En théorie, la constitution met les deux langues sur le même pied. En fait, ce principe est méconnu. Les timbres-poste ne sont imprimés qu’en anglais. Sur l’intercolonial, chemin de fer de l’État, ayant la moitié de son parcours et encaissant les trois quarts de ses recettes dans la province de Québec, il est impossible d’obtenir un renseignement en français. À l’Imprimerie nationale, aux Postes, aux Douanes, aux Travaux publics, à l’Intérieur, l’anglais règne seul. Il faut agir, protester, pétitionner. Oublier l’esprit de parti pour réaliser l’unanimité des Canadiens français dans cette campagne. Nous ne visons pas le pouvoir, mais le bonheur et la gloire de notre patrie ; nous n’ambitionnons d’autre récompense que l’honneur de la servir. » Henri Bourassa
vient ensuite sur la tribune. Il appuie les propos de Lavergne tout en encourageant la jeunesse à se faire entendre. Au nom du respect des Canadiens français, Bourassa dit ne pas demander « ...la suppression d’un seul mot anglais, mais l’addition de mots français. Les Anglais comprendront cette requête. Le peuple anglais n’est pas si étroit d’esprit qu’on le dit ; il sait reconnaître les droits d’autrui et recevoir des revendications présentées avec dignité. » Les discours sont accompagnés d’acclamations et d’applaudissements enthousiastes. Une résolution demandant l’adoption par le Parlement d’une loi assurant la présence du français dans les services publics québécois, étatiques ou privés, est adoptée.Le député de Montmagny réclame le français dans tous les services publics de la province de Québec. Cette demande reçoit l’appui de l’ACJC qui organise une assemblée au Monument National, à Montréal, le 8 mai 1908. Ce soir-là, la salle est tellement pleine que l’on refuse des gens. Beaucoup de jeunes sont sur place pour écouter Lavergne qui prend la parole en premier : « Nous ne demandons rien », dit-il, « qui ne soit parfaitement constitutionnel. En théorie, la constitution met les deux langues sur le même pied. En fait, ce principe est méconnu. Les timbres-poste ne sont imprimés qu’en anglais. Sur l’intercolonial, chemin de fer de l’État, ayant la moitié de son parcours et encaissant les trois quarts de ses recettes dans la province de Québec, il est impossible d’obtenir un renseignement en français. À l’Imprimerie nationale, aux Postes, aux Douanes, aux Travaux publics, à l’Intérieur, l’anglais règne seul. Il faut agir, protester, pétitionner. Oublier l’esprit de parti pour réaliser l’unanimité des Canadiens français dans cette campagne. Nous ne visons pas le pouvoir, mais le bonheur et la gloire de notre patrie ; nous n’ambitionnons d’autre récompense que l’honneur de la servir. » Henri Bourassa
vient ensuite sur la tribune. Il appuie les propos de Lavergne tout en encourageant la jeunesse à se faire entendre. Au nom du respect des Canadiens français, Bourassa dit ne pas demander « ...la suppression d’un seul mot anglais, mais l’addition de mots français. Les Anglais comprendront cette requête. Le peuple anglais n’est pas si étroit d’esprit qu’on le dit ; il sait reconnaître les droits d’autrui et recevoir des revendications présentées avec dignité. » Les discours sont accompagnés d’acclamations et d’applaudissements enthousiastes. Une résolution demandant l’adoption par le Parlement d’une loi assurant la présence du français dans les services publics québécois, étatiques ou privés, est adoptée. Source : La Presse, 9 mai 1908, p.15.

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