Tenue d’une assemblée des Nationalistes au Monument National

, par Bilan du Siècle - Université de Sherbrooke

Bourassa
est candidat aux élections provinciales dans les comtés de Saint-Hyacinthe et de Saint-Jacques (Montréal 2), le comté du premier ministre du Québec, Lomer Gouin
. Des assemblées ont lieu dans les deux comtés. Lors de celle de Montréal, tenue le 25 mai 1908, Bourassa entre dans l’enceinte avec son équipe nationaliste sous les acclamations de la foule. Il déclare alors : « Si vous voulez jeter un regard sur les dix mois qui viennent de s’écouler, vous constaterez l’existence d’un mouvement d’opinion que je peux appeler anormal. Deux ou trois cent jeunes gens, appuyés par des hommes jeunes encore, n’ayant à leur disposition ni argent, ni journaux, ni places, ni patronage, mais ayant du sentiment, de la pensée et des principes, ont réussi à remuer la province, et à lui faire comprendre enfin que la Confédération repose sur deux principes : l’équilibre entre les deux races et l’équilibres entre le fédéral et le provincial. » Bourassa lance de virulentes invectives à l’endroit de son adversaire, Lomer Gouin
. Il l’accuse de se prémunir, lui libéral provincial, du « manteau de gloire » de Wilfrid Laurier
, libéral fédéral, pour protéger son cabinet. Selon Bourassa, il faut dissocier politique fédérale et provinciale. Il propose un programme modéré mais réformiste, terminant son discours par une envolée nationaliste reprenant le reproche qu’on lui adresse souvent, celui de faire appel aux préjugés de race : « Des appels à ma race, j’en ai fait, et j’en fais encore. Ces appels à ma race, je les fais pour que, consciente de sa dignité, elle se redresse fièrement devant les autres, non pas en ennemie, mais pour leur tendre la main. [...] Je fais appel à ma race pour qu’elle comprenne que, sur cette terre canadienne, le sol est trop large pour qu’une race marche sur l’autre et pour qu’une race se fusionne avec l’autre. Je fais appel à ma race pour qu’elle comprenne que nous sommes réunis, catholiques et français, anglais et protestants, non pour nous combattre et nous écraser, mais pour travailler, dans une pensée commune, à grandir notre patrie. »Bourassa
est candidat aux élections provinciales dans les comtés de Saint-Hyacinthe et de Saint-Jacques (Montréal 2), le comté du premier ministre du Québec, Lomer Gouin
. Des assemblées ont lieu dans les deux comtés. Lors de celle de Montréal, tenue le 25 mai 1908, Bourassa entre dans l’enceinte avec son équipe nationaliste sous les acclamations de la foule. Il déclare alors : « Si vous voulez jeter un regard sur les dix mois qui viennent de s’écouler, vous constaterez l’existence d’un mouvement d’opinion que je peux appeler anormal. Deux ou trois cent jeunes gens, appuyés par des hommes jeunes encore, n’ayant à leur disposition ni argent, ni journaux, ni places, ni patronage, mais ayant du sentiment, de la pensée et des principes, ont réussi à remuer la province, et à lui faire comprendre enfin que la Confédération repose sur deux principes : l’équilibre entre les deux races et l’équilibres entre le fédéral et le provincial. » Bourassa lance de virulentes invectives à l’endroit de son adversaire, Lomer Gouin
. Il l’accuse de se prémunir, lui libéral provincial, du « manteau de gloire » de Wilfrid Laurier
, libéral fédéral, pour protéger son cabinet. Selon Bourassa, il faut dissocier politique fédérale et provinciale. Il propose un programme modéré mais réformiste, terminant son discours par une envolée nationaliste reprenant le reproche qu’on lui adresse souvent, celui de faire appel aux préjugés de race : « Des appels à ma race, j’en ai fait, et j’en fais encore. Ces appels à ma race, je les fais pour que, consciente de sa dignité, elle se redresse fièrement devant les autres, non pas en ennemie, mais pour leur tendre la main. [...] Je fais appel à ma race pour qu’elle comprenne que, sur cette terre canadienne, le sol est trop large pour qu’une race marche sur l’autre et pour qu’une race se fusionne avec l’autre. Je fais appel à ma race pour qu’elle comprenne que nous sommes réunis, catholiques et français, anglais et protestants, non pour nous combattre et nous écraser, mais pour travailler, dans une pensée commune, à grandir notre patrie. » Source : Robert Rumilly, Henri Bourassa : la vie publique d’un grand canadien, Montréal, Chantecler, 1953, p.282-296.

Voir en ligne : http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/p...