Triste accident

, par noreply@blogger.com (Le Flâneur)

Au 19e siècle, la vie des travailleurs ne valait pas grand chose. Les employeurs qui, par négligence, auraient pu être tenus responsables du décès d'un employé s'en tiraient souvent à bon compte.


L'article suivant a été publié dans Le Journal des Trois-Rivières du 22 juin 1871 :

« H. R. Blanchard, Ecr., coroner de ce district, a tenu en cette ville samedi soir, le 17 juin courant, une enquête sur le corps de Raymond Cloutier, âgé de 17 ans, enfant de M. Eusèbe Cloutier de St-Barnabé. Le défunt était à l’emploi de Monsieur Joseph Larivière, voiturier de cette ville depuis le mois d’octobre dernier. Samedi sur les 4 heures, le défunt était à vendre du fer à une personne de campagne et en voulant en avoir une barre du rouleau pour le peser, six gros rouleaux de fer qui étaient debout sont tombés sur lui et l’ont frappé à la tête et lui ont fracturé le crâne. Sa mort a été instantanée. Le juré après avoir visité le lieu et entendu les témoins a rendu un verdict de “mort accidentelle”, et exonéré de tout blâme Monsieur Larivière qui a promis en présence du juré de prendre les moyens d’arrêter les rouleaux de fer qui se trouvent placés debout dans la bâtisse employée à cette fin, par des gardes de sûreté afin qu’ils ne puissent plus tomber. »
Raymond Cloutier, âgé de 17 ans au moment du décès, a été inhumé le 19 juin 1871 à Saint-Barnabé-Sud dans le comté de Saint-Hyacinthe. Il était le fils d'Eusèbe Cloutier et d'Adélaïde Hévey, mariés le 8 novembre 1852 au même endroit.

Souvent, les voituriers étaient aussi forgerons, ce qui expliquerait l'entreposage, imprudent dans ce cas-ci, des barres de fer.


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