Un espion allemand sur le territoire du Québec

, par Pierre Vennat

Lors de la Deuxième Guerre mondiale, la marine allemande a réussi à débarquer un espion sur le sol québécois, mais heureusement, celui-ci n’a pas fait long feu.

C’est en effet le 9 novembre 1942 au petit matin que le Lieutenant Alfred Waldemar von Janowski, de la Kriegmarine, débarqua d’un navire de guerre allemand sur une plage située à 6 kilomètres et demi de New Carlisle, en Gaspésie.

Son intention était de se loger dans un hôtel de New Carlisle, sous le nom de William Brenton, avant de prendre le train pour Montréal où il devait mener ses activités.

Il se présenta donc à l’Hôtel New Carlisle mais ses propos semblèrent suspects à Earle Annett Jr, le fils du propriétaire de l’hôtel.

En effet, von Janowski prétendait être arrivé par autobus puis avoir gagné l’hôtel à pied. Or l’autobus ne desservait pas New Carlisle ce jour-là. Et puis le nouveau venu parlait anglais avec un accent parisien. Ses vêtements étaient d’une coupe parisienne étrangère alors au Québec et en commandant des cigarettes, il paya avec un vieux billet de banque canadien qui n’était plus en circulation en 1942. Enfin, comme si cela n’était pas suffisant, l’espion alluma ses cigarettes avec des allumettes belges.

Le jeune Annett éprouvant des doutes de plus en plus sérieux sur l’identité de cet étranger communiqua avec la Police provinciale du Québec comme on appelait la SQ à l’époque et celle-ci dépêcha à bord du train menant à Montréal, sur lequel von Janowski s’était rendu à la gare de New Carlisle, le policier Alfonse Duchesneau.

Celui-ci vint s’asseoir aux côtés de von Janowski qui tenta de lui faire croire qu’il s’appelait bien William Brenton et qu’il venait de Toronto pour tenter de vendre des appareils de radio à Montréal.

Le policier lui ayant demandé d’ouvrir ses bagages, von Janowski dut avouer sa véritable identité et dévoiler qu’il était officier allemand. On le débarqua du train et on l’enferma dans l’ancienne prison de New Carlisle avant de le transférer à Montréal.

Interrogé, il déclara qu’il avait entre autres l’intention de contacter le leader fasciste québécois Adrien Arcand. Les autorités canadiennes transférèrent von Janowski en Angleterre où il demeura prisonnier jusqu’à la fin de la guerre.

Voir en ligne : http://www.lequebecetlesguerres.org...